
Ils imaginaient une espérance de vie de près de 80 ans. Des communications par la lumière dans des fibres optiques. La manipulation de l’ADN. Des progrès spectaculaires dans la lutte contre certaines maladies. Une agriculture profondément transformée par la biologie. Des matériaux toujours plus résistants.
Ils envisageaient aussi un réchauffement de la planète lié à l’accumulation du CO₂ et à l’effet de serre.
Certaines prévisions étaient trop audacieuses ou mal orientées : l’exploitation massive des fonds marins, la capacité à prévoir les tremblements de terre, voire à les empêcher, ou encore certains dispositifs médicaux qui n’ont jamais pris la forme imaginée.
Mais l’essentiel est ailleurs. Ces hommes et ces femmes de science avaient compris que le progrès ne serait pas seulement mécanique. Ils avaient perçu l’avènement d’un monde biologique, électronique, connecté.
Et puis il y avait les écrivains de science-fiction. Parmi eux, bien sûr, Isaac Asimov. Il faut rendre hommage à ces auteurs qui ont accompagné des générations entières vers l'avenir. La science-fiction n’est pas une fantaisie enfantine. Elle est souvent une exploration très sérieuse des conséquences humaines du progrès.
Asimov avait compris, bien avant la généralisation d’Internet, que les sociétés seraient reliées par des réseaux de communication et que l’accès au savoir serait radicalement transformé. Il avait imaginé les rapports entre les humains et les machines intelligentes, ainsi que les questions morales que leur coexistence soulèverait.
La science-fiction ne prédit pas l’avenir. Elle fait quelque chose de plus profond : elle prépare les esprits à l’impensable.
Bien sûr, en 1976, presque personne n’avait réellement imaginé notre smartphone, les réseaux sociaux, l’économie numérique telle qu’elle existe aujourd’hui ou l’irruption d’une intelligence artificielle capable d’écrire, de parler, de traduire, de coder et de créer des images.
C’est sans doute la grande leçon. Nous prévoyons assez bien l’amélioration de ce qui existe déjà. Nous voyons moins bien les croisements entre découvertes, les accélérations soudaines, les ruptures qui bouleversent tout.
Lorsque nous essayons aujourd’hui d’imaginer 2076, nous commettons probablement les mêmes erreurs.
Et c’est merveilleux. Car cela signifie que l’avenir n’est pas écrit. Que la recherche peut encore nous surprendre. Que des découvertes aujourd’hui minuscules peuvent bouleverser la médecine, l’énergie, l’espace, l’intelligence ou notre rapport même au vivant.
La science-fiction nous aide à imaginer. La science nous aide à comprendre.
Et parfois, à transformer l’impossible en réalité. La science est prodigieuse.