
La veille de cette AG, une annonce majeure était tombée. Une annonce qui, sans exagération, marque un tournant dans notre manière de travailler.
Jusqu’à présent, nous connaissions ChatGPT comme un interlocuteur : on lui pose une question, il répond ; on lui demande un tableau, il le génère. Mais il fallait rester aux commandes, étape par étape, devant son écran.
Ce fonctionnement est en train de changer de nature.
OpenAI a en effet dévoilé les « workspace agents ». Derrière ce terme un peu technique se cache une évolution très concrète : des agents capables de prendre en charge, de manière autonome, une partie de la clôture mensuelle.
Rapprochements bancaires, analyse des écarts, génération des dossiers de travail… Le tout en quelques minutes.
Oui, quelques minutes.
Mais au-delà de l’effet d’annonce, la réalité est surtout opérationnelle : un agent ChatGPT ne nous remplace pas, nous, l’expert-comptable. En revanche, il devient un assistant d’une efficacité redoutable pour toutes les tâches répétitives, structurées et documentaires.
Et nous le savons bien : la clôture mensuelle est, par nature, une mécanique. Chaque mois, les mêmes gestes, les mêmes contrôles, les mêmes justificatifs… avec leurs inévitables variations.
C’est précisément là que l’intelligence artificielle excelle.
Ce qu’un « agent ChatGPT » peut réellement faire
1. Rapprochements bancaires assistés
Il peut comparer : relevés bancaires, exports comptables, paiements clients/fournisseurs, virements internes, doublons ou écritures manquantes.
Puis proposer : opérations non lettrées, anomalies probables, frais bancaires oubliés, écarts de dates ou montants, suggestions de rattachement correct des charges et produits à la période
2. Contrôle des écarts et analyse des variations
Exemple : charges télécom +38 % vs mois précédent, marge brute en baisse de 4 points, stock incohérent avec CA /TVA collectée.
L’agent détecte les écarts, les classe par critère et peut proposer : “Hausse inhabituelle du compte 6132 ,locations : vérifier indexation ou double facture.
C’est une forme de revue analytique automatisée.
3. Génération des dossiers de travail
L’un des usages les plus puissants.
À partir de la balance + GL + pièces :
Il peut générer un dossier mensuel structuré : Banque, Clients, Fournisseurs, TVA, Charges constatées d’avance, Immobilisations, Justificatifs des soldes sensibles, notes d’écarts à investiguer
Avec commentaires automatiques.
En clair : il prépare notre terrain d’expert-comptable.
4. Préparation des écritures de régularisation de fin de période
Sur base de règles : loyers payés d’avance, abonnements annuels, intérêts courus, provisions simples récurrentes, amortissements mensuels
Il propose les OD à valider.
5. Production du reporting management
Après clôture : Analyse des résultats commentée, tableau de trésorerie, indicateurs clés de performance mensuels, comparaison avec le budget
Ce qu’il ne faut pas croire
Le vrai gain n’est pas seulement le temps. Le gain majeur est ailleurs :
Pour un cabinet d’expertise comptable : opportunité immense
Un cabinet peut proposer une clôture mensuelle augmentée : clôture J+2 au lieu de J+10, reporting intelligent, alertes anomalies, tableau de bord dirigeant ,rendez-vous conseil mensuel
Et entre nous…
Le futur du comptable ne sera pas remplacé par la machine.
Il sera remplacé par le comptable équipé de la machine.
C’est la transformation du cabinet producteur… en cabinet copilote.
⚠️ Et surtout…
Rappelons - nous qu’aucune révolution technologique ne change une évidence : les chiffres de nos clients ne sont pas des données comme les autres, et ce que nous confions à l’IA ne doit jamais quitter le périmètre strict de la confiance, de la responsabilité et de la confidentialité qui fondent notre métier.
!!! Balises de réflexion !!!
Vous lirez avec intérêt les deux articles suivants sur les sites respectifs des journaux concernés
- Le Soir, "Quand les apps gérent la compta des indépendants", publié le 27/04/2026 dans le Soir Lecture par Thomas Casavecchia
- La Libre Belgique, "La Wallonie n'en fait pas assez pour l'IA, Pierre Francois Loyens, publié le 29/4/2026