
Au premier semestre 2026, 63 procédures d’information et de consultation ont été entamées, contre 59 un an plus tôt. Le nombre de travailleurs concernés par une annonce de licenciement collectif est toutefois légèrement inférieur : 5.115 en 2026, contre 5.290 en 2025. Selon SD Worx, cela indique que les dossiers de restructuration sont aujourd’hui plus nombreux, mais de taille moyenne plus réduite.
Après l’année 2024, exceptionnellement difficile, et le pic observé en 2025 avec quelques dossiers de très grande ampleur, nous constatons en 2026 une plus grande dispersion des licenciements collectifs entre différentes entreprises. Le nombre de travailleurs concernés reste élevé, mais il est moins déterminé par une ou deux restructurations exceptionnellement importantes.Valérie T'Serstevens, Spécialiste de l'emploi international SD Worx
L’évolution la plus marquée s’observe au niveau régional. Parmi tous les travailleurs concernés par une annonce de licenciement collectif au premier semestre 2026 :
La part de la Flandre passe ainsi de 42 % à près de 66 % de l’ensemble des licenciements collectifs annoncés.
Les provinces d’Anvers (1.371 travailleurs) et de Flandre occidentale (1.099 travailleurs) sont particulièrement touchées. En Wallonie, le Hainaut reste de loin la province la plus affectée, avec 1.191 travailleurs concernés.
Principales hausses et baisses par région
Région | 2025 | 2026 | Évolution |
Bruxelles | 1.041 | 215 | -79 % |
Flandre | 2.233 | 3.372 | +51 % |
Wallonie | 2.016 | 1.528 | -24 % |
Source : analyse de SD Worx sur la base des chiffres du SPF Emploi.
Une évolution notable se dessine également au niveau sectoriel. Au premier semestre 2025, le secteur de la distribution était le plus touché, avec 1.847 licenciements annoncés, principalement en raison du dossier Cora.
En 2026, le secteur du transport et de la logistique arrive en tête, avec 1.853 licenciements annoncés, soit plus d’un tiers de l’ensemble des licenciements collectifs annoncés.
Les dossiers importants chez H&M Logistics, Nike European Logistics Center et UPS Belgium, notamment, pèsent lourdement dans ces chiffres.
D’autres secteurs restent également sous pression :
Le déplacement vers la logistique est frappant. Le secteur subit les effets de l’automatisation, de la concurrence internationale et des réorganisations au sein des centres de distribution. Nous observons dès lors aujourd’hui une concentration des licenciements collectifs comparable à celle que nous constations surtout dans le secteur de la distribution l’an dernier.Valérie T’Serstevens, Consultante, SD Worx
Il est important de distinguer l’annonce d’un licenciement collectif de sa notification définitive. Lorsqu’un licenciement collectif est annoncé, une procédure d’information et de consultation débute. Ce n’est qu’à son terme que le nombre d’emplois effectivement supprimés est connu.
Parmi les dossiers clôturés au premier semestre 2026 :
Cela signifie que 467 licenciements annoncés ont été évités, soit un peu plus de 10 %.
Au cours de la même période en 2025, 760 licenciements annoncés avaient même été évités, le nombre passant de 6.403 à 5.643, soit près de 12 %.
Licenciements évités grâce à la concertation
Année | Annoncés | Finalement notifiés | Évités |
Premier semestre 2025 | 6.403 | 5.643 | 760 |
Premier semestre 2026 | 4.539 | 4.072 | 467 |
Ces chiffres montrent que la concertation sociale fait bel et bien la différence. Chaque licenciement annoncé ne se concrétise pas nécessairement. Grâce à des alternatives telles que les départs naturels, le reclassement interne ou l’adaptation des plans de réorganisation, les employeurs et les représentants des travailleurs peuvent limiter une partie des pertes d’emplois.Valérie T'Serstevens, Spécialiste de l'emploi international SD Worx
SD Worx observe également une évolution claire dans le contenu des plans sociaux. Les partenaires de la négociation accordent de plus en plus d’attention aux mesures visant à renforcer l’employabilité des travailleurs sur le marché du travail. Les plans sociaux récents prévoient ainsi de plus en plus souvent un budget de formation individuel, en complément des obligations légales en matière d’outplacement. Par le passé, les mesures de formation supplémentaires étaient souvent limitées, voire totalement absentes. Les travailleurs peuvent utiliser ce budget pour suivre des formations complémentaires, se reconvertir ou entreprendre des études supplémentaires afin d’accroître leurs chances de retrouver un emploi.
Il est frappant de constater que non seulement le nombre de mesures de formation augmente, mais aussi l’ampleur des budgets prévus. Au cours des deux dernières années, le budget moyen consacré à la formation a nettement progressé. Aujourd’hui, les budgets individuels de formation prévus dans les plans sociaux se situent souvent entre 2.000 et 3.000 euros, avec des montants pouvant aller jusqu’à 5.000 euros par travailleur. Dans le cadre des négociations relatives aux plans sociaux, le dialogue social moderne ne porte plus uniquement sur le départ des travailleurs, mais aussi sur l’investissement dans leur prochaine étape de carrière. Les budgets de formation en constituent une illustration de plus en plus visible.
Valérie T'Serstevens, Spécialiste de l'emploi international SD Worx
Les chiffres présentés sont des calculs propres à SD Worx, basés sur les données publiées par le SPF Emploi concernant les licenciements collectifs dans le cadre de la loi Renault. Une annonce correspond à une intention de procéder à un licenciement collectif ; une notification intervient à l’issue de la procédure d’information et de consultation et offre une vision plus précise du nombre effectif de licenciements.
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