• FR
  • NL
  • EN

LISEZ BIEN CE POST: Les Engagés veulent taxer les dépôts bancaires de plus de 500 000 euros

La Belgique est un pays décidément surréaliste. Voilà que, prétextant une obscure histoire de lave-vaisselle, le président des Engagés veut taxer les dépôts bancaires de plus de 500 000 euros.

On suppose, évidemment, qu’il s’agirait d’agréger tous les dépôts d’un citoyen et de lui appliquer une taxe de 0,30 %, comme on le fait pour les comptes-titres d’un montant supérieur à un million d’euros. Sauf que lorsqu’on taxe un détenteur de titres boursiers, on peut supposer qu’il dispose des ressources financières nécessaires pour assumer des risques. Ici, l’idée serait de taxer les personnes les plus prudentes, c’est-à-dire celles qui ne veulent pas — ou ne peuvent pas — prendre de risques boursiers et conservent leur épargne auprès d’une banque.

Riche idée, s’il en est.

Même le PTB, qui voulait taxer les avoirs non professionnels de plus de 5 millions d’euros, n’avait pas osé le faire.

Ici, c’est wagon : on divise son seuil par 10, puis on taxe. Déposants bancaires de tous les pays, unissez-vous, comme aurait pu le dire Karl Marx.

Mais regardons la proposition de plus près.Que rapporte, en moyenne, dans les quatre principales banques du pays, un compte d’épargne réglementé, prime de fidélité comprise, si le dépôt reste un an ? Environ 0,75 %. Sur 500.000 euros : 3.750 euros bruts.

Les Engagés voudraient y ajouter une taxe de 0,30 % du dépôt, soit 1.500 euros. Le rendement tombe à 2.250 euros.

Mais ce n’est pas tout. Sur un compte réglementé, les premiers 1.020 euros d’intérêts sont exonérés et au-delà, le précompte mobilier est de 15 %. Sur 3.750 euros, il atteint 409,50 euros.

Il reste donc 1 840,50 euros nets : le rendement net n’est plus que de 0,37 %. ``

Vraiment, il fallait oser.

Avec l’inflation, actuellement de 4,08 % en Belgique, le rendement réel, après précompte et impôt, devient négatif : environ –3,6 % par an.

Après dix ans, à taux constants, le pouvoir d’achat d’un dépôt bancaire serait amputé d’environ 30 %, dont 2 points imputables à cette seule taxe.

Que fera alors un déposant ? Rien, sans doute.

Sauf peut-être d’investir en Bourse, c’est-à-dire prendre un risque qu’il ne peut précisément pas se permettre. Ou déplacer son épargne ailleurs. Ou encore fragmenter ses dépôts.

Bref, on aura inventé une taxe qui pénalise la prudence, fragilise la confiance bancaire et pousse les épargnants à adopter des comportements que l’on prétend, par ailleurs, vouloir éviter.​

Mots clés

Articles recommandés