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Investisseurs crypto: pourquoi certains envisagent une émigration vers l’Allemagne ou le Luxembourg avant 2026

Une combinaison de facteurs incite certains contribuables belges à envisager une émigration avant la fin de l’année, notamment :

  • (i) l’entrée en vigueur du nouvel exit tax (pour les émigrations postérieures au 1er janvier 2026),
  • (ii) la transparence fiscale accrue pour les transactions sur cryptomonnaies postérieures à cette même date (transposition en cours de la directive DAC8 en Belgique).

Comme évoqué dans L’Echo (article de Gilles Quoistiaux), certains investisseurs en crypto se tournent vers des destinations comme Malte ou Dubaï. Mais certains pays voisins restent attractifs, en particulier le Luxembourg et l’Allemagne.


1. Luxembourg

  • Les gains sur crypto peuvent être imposables lorsqu’ils relèvent des catégories de revenus suivantes : bénéfice commercial ou revenus nets divers.
  • Pour éviter une taxation au titre de revenus divers (article 99 et 99bis LIR) au taux de 46%, il faut éviter toute cession dans les 6 mois suivant l’acquisition.
  • Une conversion en monnaie fiduciaire (euro, dollar…) dans les six mois peut déclencher la taxation.
  • Il est donc essentiel de documenter précisément la date d’acquisition des cryptomonnaies.

Par ailleurs, une taxation au titre de revenus professionnels (article 14 LIR) ne peut être exclue, en particulier lorsque l’investisseur :

  • dispose d’une organisation structurée pour ses opérations,
  • emprunte pour financer ses investissements crypto,
  • investit pour le compte de tiers,
  • ou procède à un nombre important de transactions, révélant une activité fréquente ou organisée.


2. Allemagne

  • En Allemagne, les gains sur cryptomonnaies sont assimilés à des revenus de cession privée (“Einkünfte aus privaten Veräusserungsgeschäften”, article 22, n°2 EStG).
  • Ces gains sont exonérés si les cryptomonnaies sont détenues plus d’un an (article 23, §3, 5 EStG).

Toutefois, une taxation au titre de revenus professionnels à 45% peut également être envisagée si plusieurs critères sont réunis, tels que :

  • la permanence de l’activité (“Nachhaltigkeit”),
  • l’intention de réaliser un profit (“Gewinnerzielungsabsicht”),
  • et la participation active à la vie économique (“Teilnahme am allgemeinen wirtschaftlichen Verkehr”) (article 15, §2 EStG).

Cela étant, il est généralement admis que les transactions régulières sur cryptos relèvent de la gestion normale du patrimoine privé. La taxation comme revenu professionnel est réservée à des cas exceptionnels (trading structuré, activité assimilable à une entreprise…).


3. Que retenir ?

Sous réserve de ne pas être qualifié d’investisseur professionnel, il est possible de bénéficier d’une exonération complète sur les plus-values cryptos :

  • après 6 mois de détention au Luxembourg,
  • après 1 an de détention en Allemagne.

Dans le contexte belge actuel, ces régimes voisins attirent l’attention d’investisseurs cherchant à anticiper la réforme fiscale de 2026.

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