

Webinaire - Projections économiques 2026
Video - Projections Economiques 2026
En dépit de chocs externes, l’économie belge, à l’instar de l’économie mondiale et de celle de la zone euro, a tenu bon au cours de l’année écoulée. La croissance du PIB est évaluée à 1,1 % en 2025 et ce taux devrait rester stable jusqu’en 2028. L’activité économique devrait ainsi progresser de 1 % en 2026 et 2027, puis de 1,2 % en 2028. Ces chiffres corroborent globalement nos projections de juin 2025.
La politique américaine a suscité de l’incertitude et de la volatilité en 2025, mais l’économie mondiale et le commerce international se sont finalement révélés très résistants aux chocs. Bien que les droits d’importation soient finalement plus élevés qu’anticipé dans les projections de juin 2025, l’incertitude commerciale s’est quelque peu atténuée depuis lors. Certains produits sont en outre exemptés de droits de douane, notamment certains produits pharmaceutiques, très présents dans les exportations de la Belgique.
Le 24 novembre dernier, le gouvernement fédéral a annoncé une série de mesures d’économie supplémentaires dans le cadre de l’accord budgétaire pluriannuel. Suivant un calendrier fixé par la BCE, ces nouvelles projections ont été clôturées le 1er décembre et intègrent, autant que possible, les nouvelles mesures décidées. Certaines hypothèses ont toutefois dû être posées quant à leur mise en œuvre précise.
Ces mesures ont un impact sur les perspectives d’inflation et sur les coûts salariaux et devraient peser de manière limitée sur la croissance du PIB réel. Les mesures relatives à la TVA et au relèvement des accises sur le gaz et le mazout de chauffage devraient se traduire par une hausse de l’inflation totale de 0,4 point de pourcentage, répartie sur les années 2026 à 2028. La hausse de l’inflation entraînera une indexation plus importante des salaires. Toutefois, sur l’ensemble de la période de projection (2026-2028), ces effets d’indexation seront, en moyenne, largement neutralisés par le plafonnement temporaire du système d’indexation des salaires.
La consommation des ménages avait fortement augmenté en 2024 mais va progressivement ralentir, notamment sous l’effet d’un essoufflement marqué de la croissance du pouvoir d’achat. Ceci s’explique en partie par la limitation des allocations de chômage et la réforme des retraites. Ces nouvelles projections intègrent également le plafonnement du système d’indexation automatique des salaires bruts supérieurs à 4 000 euros et des allocations supérieures à 2 000 euros en 2026 et en 2028[1]. Ces nouvelles mesures freineront plus particulièrement la croissance du pouvoir d’achat des ménages aux revenus relativement plus élevés, mais devraient se traduire essentiellement par un repli du taux d’épargne plutôt qu’un recul important de la consommation. Ces ménages épargnent en effet généralement une partie de leur revenu.
[1] Selon l’hypothèse arrêtée fin novembre.
La croissance des investissements des entreprises s’est redressée au cours de l’année 2025. Les entreprises continuent néanmoins de faire preuve de prudence. Selon nos prévisions, la croissance des investissements devrait contribuer à la croissance future, tout en restant légèrement inférieure à sa moyenne de long terme.
Les investissements en logements ont continué de se contracter et ne devraient amorcer une reprise modeste qu’à partir de 2026. Celle-ci ne compensera toutefois pas la baisse enregistrée depuis plusieurs années. Fin 2028, ces investissements, exprimés en termes réels, seraient encore de plus de 10 % inférieurs au niveau qu’ils affichaient fin 2019.
Ces dernières années, les exportations belges sont clairement restées en-deçà du taux de croissance des marchés à l’exportation pertinents pour la Belgique, ce qui implique d’importantes pertes de parts de marché. Une série de produits spécifiques, tels que le gaz, les vaccins et les diamants, expliquent en grande partie ce décrochage. Une partie de ces produits sont toutefois importés au préalable et réexportés par la Belgique, ce qui limite l’importance de ce phénomène pour l’économie belge. Celui-ci ne devrait pas perdurer et au cours de l’année 2026 et la croissance des exportations belges devrait progressivement se rapprocher de celle des marchés à l’exportation. La hausse des importations devrait être supérieure à celle des exportations, en raison d’une demande intérieure robuste et à des investissements à très forte intensité d’importations dans la défense. Les exportations nettes devraient donc continuer de peser négativement sur l’activité tout au long de la période de projection.
Le nouveau gouvernement fédéral entend mettre en place des réformes du marché du travail, dont les principaux vecteurs, sur l’horizon de projection, sont la limitation dans le temps des allocations de chômage et la réintégration des malades de longue durée. Ces mesures devraient certes permettre d’inciter plus de personnes à trouver un emploi, mais elles pourraient également freiner quelque peu la croissance de la productivité.
Au total, quelque 135 000 emplois devraient être créés entre 2025 et 2028 et le taux de chômage devrait rester très bas, proche de 6 %. Il convient de préciser que ce taux ne va cependant pas significativement diminuer. S’il est vrai que le nombre de bénéficiaires d’allocations diminuera fortement, une bonne partie d’entre eux resteront chercheurs d’emploi. A court terme, l’activation ne devrait porter ses fruits que pour moins d’un quart des chômeurs et des malades de longue durée au cours de la période de projection.
L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé, s’est encore établie à 3 % en moyenne en 2025. Bien que stimulée à partir de 2026 par les nouvelles mesures gouvernementales en matière de fiscalité indirecte, elle devrait poursuivre sa décrue progressive pour atteindre 1,7% en 2027. L’instauration du système d’échange de quotas d’émission ETS 2, qui aura notamment des répercussions sur les prix des carburants, a été reportée d’un an et entrera en vigueur en 2028, ce qui devrait rehausser l’inflation en 2028.
Par ailleurs, l’indice santé, qui sert de base au calcul de l’indexation des salaires, des pensions et des prestations sociales, suivra la même évolution que l’inflation. Toutefois, l’effet haussier de ces mesures sur la croissance des coûts salariaux devrait être atténué par le plafonnement temporaire de l’indexation automatique des salaires bruts à partir de 4 000 euros. Selon les prévisions actuelles, basées sur la hausse estimée des coûts salariaux dans les trois pays voisins, l’écart salarial existant devrait être comblé en 2026. Nous entrevoyons donc l’éventualité d’une croissance légèrement positive des salaires conventionnels au cours de la période 2027-2028.
Le déficit budgétaire devrait se creuser pour atteindre 5,1 % du PIB en 2025. Il devrait se maintenir aux alentours de 5 % au cours des années suivantes, malgré les nouvelles mesures budgétaires. Entre 2026 et 2028, le déficit primaire devrait se réduire, mais les charges d’intérêts devraient continuer de s’alourdir. Le taux d’endettement devrait, selon nos prévisions, s’établir à 113,8 % du PIB en 2028.

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