
Incontestablement, la Wallonie a raté son rebond économique et tous les partis politiques wallons, de gauche, de droite et du milieu, en sont, pour ce qui se limite à leur champ d’influence, responsables.
Par ailleurs, toute l’histoire économique montre qu’on ne crée pas de croissance par la contraction budgétaire. Cela veut dire qu’on ne peut pas concilier une croissance économique qui générerait de l’emploi avec une politique de désengagement de l’État.
Dans ce cadre, ne nous y trompons pas : le narratif qui vise à faire des économies publiques et à lever des impôts (car on en lève partout) pour sauver la sécurité sociale n’est pas crédible.
Ce qui se passe, c’est que les partis francophones du gouvernement fédéral ont accepté de multiples mesures de flexibilisation du travail, indispensables à la Flandre en (presque) plein emploi, mais complètement inopérantes en Wallonie.
Et c’est là qu’on ne comprend pas la décision du gouvernement wallon de réduire le budget de l’emploi et de la formation. C’est le principal poste d’austérité. Si l’information que je lis est correcte, rien que dans les APE, cela représente une perte d’au moins 2 500 emplois.
La seule chose qui sauve la sécurité sociale et la Wallonie, c’est la mise à l’emploi, et donc l’entrepreneuriat (je pense à Odoo et I-Care, qui sont les porte-étendard), mais aussi toutes les structures d’Invests et de Wallonie Entreprendre, épaulées par les banques et bien sûr des capitaux privés.
Cela étant, les réalités étant ce qu’elles sont, je dis à la jeune génération, à laquelle j’ai consacré un tiers de siècle d’enseignement : formez-vous, engagez-vous et ne vous mettez pas dans la position d’assistante de l’État. Cela demande du courage, de l’audace et du caractère.