
Cette réforme poursuit plusieurs objectifs :
Pour les experts-comptables, directeurs financiers, entrepreneurs et conseillers juridiques, ces évolutions ne sont pas anodines. Elles influencent directement les stratégies de carrière, la planification financière, les politiques RH et la préparation de la retraite des dirigeants et indépendants.
L’un des piliers de la réforme est la création d’un système combinant bonus et malus, destiné à orienter les comportements.
L’objectif est clair :
À partir de 2026, les travailleurs qui reportent leur pension au-delà de l’âge légal pourront bénéficier d’une majoration permanente de leur pension.
Le bonus dépend de l’année de naissance :
Le bonus n’est accordé que si certaines conditions de carrière sont remplies, notamment :
Symétriquement, un malus sera appliqué lorsque la pension est prise anticipativement sans remplir les nouvelles conditions de travail effectif.
La réduction annuelle dépend également de l’année de naissance :
Ce malus est définitif et s’applique proportionnellement au nombre de mois d’anticipation.
La réforme renforce clairement le principe suivant : le montant de la pension dépendra davantage de la durée réelle de la carrière et de la prolongation de l’activité professionnelle.
Pour les indépendants et dirigeants d’entreprise, cette évolution impose une planification plus fine de la sortie de carrière.
La réforme modifie également les conditions permettant de partir à la retraite avant l’âge légal.
Aujourd’hui, certaines années de carrière sont prises en compte à partir de 104 jours de travail ou assimilés.
À partir de 2027, ce seuil sera porté à 156 jours par année.
Cette modification peut sembler technique, mais elle est lourde de conséquences : certaines personnes pourraient voir leur départ à la pension retardé de plusieurs mois, voire années.
Afin d’éviter des effets trop brutaux, la réforme prévoit un mécanisme de correction.
Chaque travailleur disposera d’un “pot” de 5 jours de réserve, permettant de compléter certaines années où le seuil de 156 jours n’est pas atteint.
Exemple :
Si les 5 jours ne suffisent pas, l’année ne sera pas comptabilisée dans la carrière.
La réforme introduit également une nouvelle possibilité :
partir à la pension à 60 ans, à condition d’avoir :
Ce mécanisme vise essentiellement les personnes ayant commencé à travailler très tôt.
La réforme ne modifie pas directement l’âge légal de la pension, mais durcit les conditions de carrière permettant d’y accéder plus tôt.
Un autre axe important de la réforme consiste à limiter le poids des périodes non travaillées dans le calcul des pensions.
Dans le système actuel, certaines périodes — chômage, crédit-temps, fin de carrière — peuvent être assimilées à des périodes de travail.
La réforme prévoit notamment :
À terme, ces périodes ne pourront plus représenter qu’une part limitée de la carrière, afin de renforcer le lien entre pension et activité professionnelle.
Certaines périodes restent pleinement assimilées :
La réforme vise à renforcer le principe contributif du système de pension, en accordant davantage de poids aux périodes réellement travaillées.
Un effet indirect mais important concerne la plateforme MyPension.
En raison de la complexité des adaptations nécessaires, certaines fonctionnalités seront temporairement suspendues.
Pendant une période transitoire :
ne seront plus disponibles pour les personnes concernées par la réforme.
L’objectif est d’éviter la diffusion d’informations erronées tant que les nouveaux moteurs de calcul ne sont pas totalement adaptés.
Une mise à jour progressive est prévue entre 2026 et 2027.
Les estimations actuelles ne permettent pas encore d’évaluer précisément l’impact individuel de la réforme.
Pour les entreprises et leurs conseillers, ces changements ne sont pas seulement sociaux : ils ont également des implications financières et organisationnelles importantes.
Plusieurs enjeux doivent être anticipés :
Les cabinets d’expertise comptable et de conseil jouent ici un rôle essentiel pour :
Dans un environnement normatif toujours plus dense, l’information et l’anticipation deviennent des facteurs déterminants de sécurité économique.
Mesure | Situation actuelle | Réforme |
Bonus pension | Prime ponctuelle | Bonus permanent selon l’année de naissance |
Malus pension | Pas de malus généralisé | Réduction de pension en cas de départ anticipé |
Années de carrière prises en compte | 104 jours | 156 jours |
Pension anticipée à 60 ans | Non | Possible après 42 ans de carrière avec 234 jours/an |
Périodes assimilées | Plus larges | Limitation progressive |
Plateforme MyPension | Estimations complètes | Suspension temporaire de certaines simulations |
Face à ces évolutions, plusieurs actions peuvent être recommandées :
Dans un contexte où les législations sociales, fiscales et financières évoluent rapidement, l’accompagnement par des experts spécialisés constitue un levier essentiel pour transformer ces contraintes réglementaires en décisions éclairées et durables.
¹ Accord du Conseil des ministres relatif à la réforme des pensions – 6 mars 2026.
² Service fédéral des Pensions, documentation officielle relative à la réforme des pensions 2025-2029.
³ Informations officielles relatives aux conditions de pension anticipée et au mécanisme bonus-malus, Service fédéral des Pensions (mypension.be).