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L'Europe doit agir d'urgence

2026 n’a pas encore dix jours, et ceux qui pensaient que cette année géopolitique serait plus calme semblent déjà s’être trompés. Avec « l’enlèvement » du président vénézuélien Maduro, la « prise d’otage » d’un pétrolier-écran russe et les menaces renouvelées envers le Groenland, Trump a lancé l’année de manière vigoureuse. 2026 est une année électorale aux États-Unis, et selon les sondages actuels, les Républicains s’acheminent vers une lourde défaite. Les élections de mi-mandat constituent en grande partie une évaluation du président, et les taux d’approbation de Trump sont tout simplement dramatiques. Sur tous les sujets pertinents, ils sont dans le rouge, en particulier sur les thèmes économiques (avec l’inflation en tête). Il est tout à fait possible que ces derniers se détériorent encore au cours de l’année. Dans ce contexte, il semble probable que Trump adoptera une posture encore plus agressive (et volatile) pour renverser la tendance (ou au moins détourner l’attention). L’Europe ferait bien d’en tenir compte.

L’Europe doit prendre les choses en main

Dans la mesure où cela n’était pas encore évident l’année passée avec la guerre commerciale et la nouvelle stratégie de sécurité américaine, l’Europe doit profondément réviser l’image des États-Unis comme allié fiable. Entre les États-Unis et l’Europe, il subsiste naturellement des liens importants sur les plans économique et défensif, mais l’Europe ne peut plus faire aveuglément confiance à un partenaire américain aligné sur la même ligne. Plutôt que de s’en lamenter, l’Europe doit de toute urgence prendre les choses en main elle-même. Plusieurs possibilités s’offrent à elle :

1. Marché unique

Malgré tous les discours pessimistes, l’Europe demeure un marché important avec un énorme potentiel. Mais à cause de la fragmentation et des obstacles entre les États membres, une grande partie de ce potentiel est perdue. Le projet de marché unique européen n’a en effet jamais été pleinement achevé. Selon les analyses du FMI, les coûts commerciaux à l’intérieur du marché européen s’élèvent à l’équivalent d’un droit de douane de 44 % pour l’industrie. Dans les secteurs des services européens, ces coûts commerciaux peuvent même atteindre 110 %. Selon le rapport Draghi, ces barrières commerciales internes représentent une perte sèche de 10 % d’activité économique au niveau européen. Cela correspond à 1 700 milliards d’euros. Pour la Belgique, cela représenterait au moins 60 milliards (et probablement plus, étant donné que notre pays dépend plus que la moyenne du commerce intra-européen). Dans un monde qui s’éloigne de plus en plus de l’idée de mondialisation, il devient d’autant plus crucial de supprimer au maximum ces barrières sur le marché intérieur.

2. Stratégie énergétique européenne

L’Europe souffre d’un handicap énergétique important par rapport à une grande partie du reste du monde. C’est un problème existentiel pour son industrie à forte intensité énergétique (notamment la chimie et l’acier). De plus, ce handicap ne peut être comblé rapidement. Mais cela ne signifie pas qu’il faille s’y résigner. Une meilleure coordination de la stratégie énergétique au niveau européen, des réseaux renforcés entre les États membres, des efforts plus coordonnés pour les investissements dans les énergies renouvelables… Une coopération accrue à l’échelle européenne doit permettre d’atténuer ce handicap énergétique. Par ailleurs, il faut au minimum réfléchir au rôle stratégique de notre industrie à forte intensité énergétique et à la manière de la préserver à long terme (éventuellement via une certaine protection du marché européen, même si cela constitue un exercice d’équilibre délicat).

3. Coordination de la défense

Le budget total de l’UE pour la défense atteignait près de 400 milliards d’euros en 2025. Pourtant, cette enveloppe ne se traduit pas par une capacité militaire réaliste et efficace compte tenu de ce montant. Ce budget va être augmenté dans les années à venir, mais l’essentiel sera de veiller à l’efficacité des moyens déployés. Cela nécessitera surtout beaucoup plus de coordination au niveau européen. Une armée européenne n’est pas envisageable à court terme (si cela s’avère même possible un jour), mais une bien plus grande harmonisation des efforts de défense doit devenir une priorité. Sur les plans économique et stratégique, l’Europe doit également améliorer les conditions-cadres pour une industrie de défense plus forte.

4. Une Europe innovante

Au niveau gouvernemental, les budgets alloués à la R&D en Europe et aux États-Unis sont à peu près équivalents, mais aux États-Unis, le secteur privé investit des montants beaucoup plus importants. Tel doit être également l’objectif en Europe. La recherche et le développement ainsi que l’innovation sont des moteurs cruciaux de la productivité, donc de la prospérité future. En Europe, des efforts considérables sont déjà entrepris dans ce domaine, mais ils restent trop fragmentés et trop focalisés au niveau national pour vraiment exploiter tout leur potentiel. Une meilleure coordination transfrontalière et un meilleur déploiement des moyens R&D, ainsi qu’un marché financier unifié, pourraient faire une grande différence, surtout couplés à un marché de débouchés unifié (et donc beaucoup plus vaste), afin de tirer pleinement parti de ces efforts.

5. Rapprochement avec le Royaume-Uni et le reste du monde

Au Royaume-Uni, il est depuis longtemps clair que le Brexit a, comme prévu, été une mauvaise décision économique. Un retour rapide du Royaume-Uni dans l’Union européenne semble improbable, mais l’Europe devrait ouvrir la porte à une coopération renforcée. Sur chacun des points mentionnés plus haut, le Royaume-Uni pourrait apporter une contribution importante à l’Europe. Il convient de rechercher activement des possibilités pour récupérer autant que possible le potentiel perdu à cause du Brexit.

Par ailleurs, l’Europe doit également se tourner vers le reste du monde. Si les États-Unis se recentrent sur eux-mêmes, il devient d’autant plus important d’aller activement chercher d’autres marchés d’exportation. Cela passe par des accords commerciaux ciblés. Le Mercosur, dont on espère qu’il sera enfin conclu la semaine prochaine, en est un exemple parlant. L’Europe doit beaucoup plus s’engager dans ce type d’accords.

Contraintes politiques

Les scénarios catastrophes autour du déclin de l’Europe sont faciles à rédiger. Néanmoins, il existe largement assez de potentiel pour inverser cette tendance. Cela nécessite toutefois une coopération beaucoup plus poussée à l’échelle européenne. Politiquement, cela semble aujourd’hui difficile. Dans des États membres importants comme l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, les gouvernants actuels sont assez fragiles. Dans ce contexte, il reste difficile de faire des progrès significatifs au niveau européen. Les réactions aux récentes initiatives de Trump ou à la lenteur autour du Mercosur ne sont pas encourageantes. Pourtant, la prise de conscience qu’il n’existe pas d’alternative sérieuse devra tôt ou tard s’imposer. Sans une coopération beaucoup plus intense, nous risquons effectivement de glisser vers ces scénarios catastrophes dans lesquels l’Europe serait davantage marginalisée entre les États-Unis et la Chine. Une coopération plus étroite au sein du Benelux pourrait à cet égard constituer un exemple pour l’Europe.



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A l’origine, cet article a été rédigé en néerlandais, de sorte que c’est à la version néerlandaise qu'il convient, en tout état de cause, de se référer.

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