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​La mondialisation était maritime: elle est donc terminée.

La mondialisation, ce terme utilisé pour qualifier l’émergence d’un marché planétaire, a véritablement pris son essor en 2001, lorsque la Chine a rejoint l’Organisation mondiale du commerce (OMC), quelques années après la désintégration de l’URSS.

Ce fut, en vérité, une forme de colonisation capitaliste consistant à troquer des investissements occidentaux contre une main-d’œuvre à bas coût, dont l’Occident réimportait ensuite la production. Mais les pays « colonisés » se sont progressivement affranchis de leurs maîtres pour créer de nouveaux écosystèmes souverains, dont la Chine est l’un des pôles majeurs. Je pense ici aux BRICS+, mais d'autres blocs émergent.

Une chose fondamentale a cependant échappé à de nombreux observateurs : cette mondialisation, symbolisée par d’immenses porte-conteneurs, est intrinsèquement maritime.

Contrairement à l’image d’un monde purement digital et dématérialisé, elle est physique et repose sur des chaînes d’approvisionnement fragiles que l’on qualifie de « flux tendus ».

Le premier signal d’alerte de cette vulnérabilité fut l’échouage temporaire de l'Ever Given en matrs 2021 dans le canal de Suez : une simple erreur de barre de quelques dizaines de mètres a suffi à paralyser le commerce de toute une planète.

Aujourd’hui, ce sont deux artères vitales qui sont menacées simultanément : le détroit d’Ormuz, bien sûr, mais aussi le détroit de Bab-el-Mandeb — la « Porte des Larmes » en arabe. Ce passage stratégique entre le Yémen et Djibouti relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien. Il est désormais sous la menace des Houthis. Souvent présentés à tort comme des insurgés d'un autre âge, armés de vieux tromblons, ils disposent en réalité de capacités militaires de premier ordre et agissent comme le bras armé de la stratégie d'usure de l'Iran.

Désormais, ce sont les deux voies maîtresses de la mondialisation qui vacillent, emportant avec elles tant les flux énergétiques (dont les engrais, cruciaux pour l'agriculture) que le transport de marchandises manufacturées.

Dans ce jeu de dominos, la victime systémique sera, sans aucun doute, l’Europe.

Une dernière chose : quand on sait que, depuis vingt ans, on estime que la moitié de la valeur boursière mondiale découle directement de la mondialisation, on en tire la vague mais effrayante intuition que l’Occident est peut-être riche sur papier.

Mais seulement sur papier.

Le retour à la réalité physique des détroits pourrait bien sonner le glas d'une illusion financière qui a duré un quart de siècle.​

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