
La clause de non-concurrence est une disposition par laquelle un travailleur s’engage, après la fin de son contrat, à ne pas exercer d’activités concurrentes à celles de son ancien employeur. Si cet outil peut être stratégique pour l’entreprise, il constitue aussi une restriction importante à la liberté du travail. C’est pourquoi le législateur l’a strictement encadré.
Attention, la législation applicable diffère pour les représentants de commerce.
L’objectif principal de la clause de non-concurrence est d’éviter qu’un ancien travailleur n’exploite, au profit d’un concurrent ou pour son propre compte, des connaissances industrielles ou commerciales sensibles acquises durant son emploi.
La jurisprudence rappelle qu’il suffit que le travailleur soit en mesure de porter préjudice à son ancien employeur pour que la clause produise ses effets, même s’il ne rejoint finalement pas un concurrent.
À ne pas confondre avec :
Pour être valable, la clause de non-concurrence doit remplir cumulativement plusieurs conditions légales:
La possibilité d’insérer une clause dépend du niveau de rémunération annuelle brute du travailleur (montants indexés – chiffres 2025) :
La rémunération à prendre en compte est celle au moment de la fin du contrat, avantages compris (primes, avantages en nature, bonus…). En cas de travail à temps partiel, une rémunération fictive à temps plein doit être reconstituée.
La clause ne peut viser que :
Une clause trop large, interdisant toute activité auprès d’un concurrent sans lien avec les fonctions exercées, sera jugée nulle.
d. Une indemnité compensatoire obligatoire
La clause doit impérativement prévoir le paiement d’une indemnité compensatoire unique, équivalente au minimum à 50 % de la rémunération brutecorrespondant à la période d’application de la clause.
Cette indemnité est calculée sur la base du dernier mois complet de rémunération précédant la rupture.
La clause de non-concurrence, ainsi que ses modalités d’application, doivent être constatées par écrit dans le contrat de travail ou dans un avenant.
Si l'employeur n'entend pas empêcher son travailleur de lui faire concurrence et qu'il souhaite éviter de payer l'indemnité de non-concurrence, l'employeur doit renoncer unilatéralement à l’application d’une clause de non-concurrence valide, dans les 15 jours calendrier suivant la fin effective du contrat. Ni avant. Ni après.
En cas de renonciation valable, l’employeur est dispensé de payer l’indemnité compensatoire. A défaut de renonciation, l'indemnité devra être payée.
Le non-respect d’une seule des conditions légales entraîne la nullité totale de la clause. Il n’existe pas de nullité partielle.
Seul le travailleur peut invoquer cette nullité.
Il dispose alors de deux options :
L’employeur ne peut jamais se prévaloir de l’irrégularité de la clause à son avantage.
La clause de non-concurrence est sans effet lorsque :
En revanche, elle s’applique en cas de démission du travailleur, de rupture de commun accord ou de licenciement pour motif grave.
En cas de violation d’une clause valable, le travailleur doit :
Le juge peut toutefois réduire cette indemnité en fonction du préjudice réel et de la durée pendant laquelle la clause a été respectée.
La clause de non-concurrence est un outil juridique puissant mais à haut risque. Mal rédigée, elle sera purement et simplement annulée ; bien construite, elle permet de protéger efficacement les intérêts stratégiques de l’entreprise, tout en respectant les droits du travailleur.
Une rédaction sur mesure et une vérification régulière sont donc indispensables.