
Brabançon de naissance, mais rattaché à Bruxelles depuis une quarantaine d’années, j’avoue être sceptique quant à la capacité du gouvernement bruxellois à atteindre ses objectifs. On nous promet des dizaines de milliers de personnes qui retrouveraient soudainement un emploi, alors que c’est le secteur privé qui les crée et qu’on ne peut aucunement imaginer une augmentation de l’emploi public.
Plus improbable encore : un déficit budgétaire censé disparaître en trois ans. Pour qu’il s’amenuise linéairement sur une telle période, cela exigerait des réductions d’effectifs, des désinvestissements massifs ou des reports de chantiers pour un montant cumulé de deux milliards d’euros. C’est un défi titanesque. D’autant que ces chiffres ne tiennent pas compte des effets délétères des erreurs de calcul du gouvernement de l’Arizona, à commencer par la réforme du chômage qui entraînera un transfert de charge brutal vers les CPAS et les finances communales.
En matière de sécurité, le constat n’est guère plus rassurant. On peut multiplier les visites fugaces à la Gare du Midi ou évoquer la fusion des zones de police — projet auquel le Ministre-Président bruxellois était d’ailleurs opposé — mais qu’est-ce qui est réellement mis en œuvre pour assurer un changement structurel ?
En fait, un doute s’insinue en moi. Il fallait évidemment un gouvernement, même fragile et impotent, car l’absence d’exécutif était devenue une tache pour le Royaume.
Mais je commence à penser qu’aucun président de parti ne croit sérieusement qu’en 1 200 jours — dont il faut déduire les vacances et surtout les 365 derniers jours de paralysie pré-électorale — quoi que ce soit changera vraiment.
Ah oui, une dernière chose : ce qui me stupéfie, c’est qu’au-delà de quelques élus légitimes siégeant à la Région, certains ministres ont été prévenus moins de sept heures avant leur nomination, sans même disposer d’un mandat électoral ni avoir été associés aux négociations, ce qui explique qu’ils aient été hébétés.
Cette prochaine élection sera décisive pour la Région. Les 1 200 jours qui s’annoncent seront cruciaux : ils risquent de modifier radicalement les constats électoraux contemporains.