
La méthode suivie correspond dans les grandes lignes à celle décrite dans le Working Paper 02-07 [1] du BFP, si ce n’est qu’elle s’applique désormais en plus de l’emploi intérieur également au volume de travail. L’estimation du coût salarial par niveau d’éducation, basée sur des données d’enquête, a nécessité la mise en œuvre d’une nouvelle méthode [2]. On y distingue quatre niveaux d’éducation : l’enseignement primaire ou secondaire inférieur, l’enseignement secondaire supérieur, l’enseignement supérieur de type court et l’enseignement supérieur de type long ou universitaire.
La base de données reprend les totaux pour l’emploi par branche d'activité et par statut (salariés/non-salariés) issus de la dernière édition des comptes nationaux (octobre 2025). Ces totaux sont ensuite ventilés selon différentes catégories de travail à l’aide des données administratives des institutions de sécurité sociale [3]. Ainsi, pour les salariés, le nombre d’emplois, le volume de travail et le coût salarial par branche d'activité des comptes nationaux sont ventilés selon le sexe, la classe d'âge, le sous-statut (ouvriers, employés, contractuels secteur public et fonctionnaires) et le régime de travail (temps plein, temps partiel). Pour les non-salariés, le nombre d’emplois par branche d'activité des comptes nationaux est ventilé selon le sexe, la classe d'âge et le sous-statut (indépendants au sens strict et aidants).
Pour garantir un classement des données par branche d’activité identique à celui des comptes nationaux, les données de sécurité sociale ont été couplées, par entreprise/institution, au répertoire des entreprises de la BNB. Dans la mesure du possible, les ruptures temporelles dans les données brutes de sécurité sociale ont été corrigées et, au besoin, ces données ont été adaptées aux concepts utilisés dans les comptes nationaux. Les derniers écarts subsistant par rapport aux données des comptes nationaux ont enfin été éliminés en relevant proportionnellement l'ensemble des données au niveau des totaux des branches d'activité dans les comptes nationaux.
Des données d’enquête ont été utilisées pour ventiler les variables pour lesquelles l’information n’était pas disponible dans les données administratives. Ainsi, la ventilation du volume de travail des non-salariés selon la classe d’âge et le sexe a été réalisée sur la base de l’enquête sur les forces de travail (EFT, Statbel). De même, la ventilation de l’emploi et du volume de travail des salariés et des non-salariés selon le niveau d’éducation est basée sur des données de cette même enquête. L’EFT est une enquête portant sur 1% de la population d’âge actif. Pour obtenir des résultats stables pour tous les sous-groupes distingués, des techniques de régression ont été utilisées, et non des moyennes. Le nombre d’emplois par niveau d’éducation a été estimé via une régression logistique. Pour estimer le volume de travail des indépendants et le volume de travail moyen par niveau d’éducation, la méthode des moindres carrés ordinaires a été utilisée.
Les estimations ont été réalisées séparément par sexe et branche d’activité de la NACE A38 (ou A64 si possible) pour quatre sous-statuts (ouvriers, employés, fonctionnaires & contractuels, indépendants & aidants) et pour six grandes classes d’âge (15-24, 25-29, 30-39, 40-49, 50-59, 60+). En cas de manque d’observations dans l’EFT, plusieurs sous-groupes ont été regroupés dans une régression.[4]
Enfin, le coût salarial des salariés issu des données administratives a été ventilé selon le niveau de d’éducation maximum atteint en utilisant principalement les données de l’Enquête sur la structure et la répartition des salaires (Statbel). Le calcul a été réalisé en deux étapes.
Dans une première étape, les salaires bruts des salariés par branche d’activité ont été détaillés en combinant le volume de travail calculé précédemment et des primes par niveau d’éducation. Ces primes par niveau d’éducation ont été estimées en se fondant sur les résultats de l'Enquête sur la structure et la répartition des salaires pour la période 2000-2022. Grâce à des techniques de régression, des primes annuelles par niveau d’éducation ont également pu être générées pour un certain nombre de branches d’activité qui ne sont sondées que tous les quatre ans dans le cadre de l’enquête [5], ainsi que des primes par niveau d’éducation pour les années 1999, 2023 et 2024.
Dans une seconde étape, le coût salarial des travailleurs salariés, précédemment calculé sur la base des données administratives par branche d’activité, sexe, classe d’âge, sous-statut et régime de travail, est ventilé entre les différents niveaux d’éducation sur la base de la ventilation des salaires bruts. Les ventilations du coût salarial calculées sur la base des données administratives sont donc respectées, mais les éventuels écarts dans les cotisations patronales ou autres coûts pour l’employeur entre les différents niveaux d’éducation au sein d’une même branche, classe d’âge, sous-statut ou sexe ne sont pas appréhendés.
Trois branches d’activité ne sont pas reprises dans l’enquête sur les salaires : Agriculture, sylviculture et pêche (AA), Administration publique et défense ; sécurité sociale obligatoire (OO) et Activités des ménages en tant qu'employeurs (TT). Pour ces branches, des primes par niveau d’éducation pour les salaires nets ont été calculées sur la base des données de l’EFT pour la période 1999-2020. En ce qui concerne la branche ‘Administration publique et défense; sécurité sociale obligatoire’ (OO), qui occupe 10,9% des salariés en 2020, une correction supplémentaire a été introduite pour la conversion des salaires nets en salaires bruts. Cette correction se base sur les ratios salaire net/brut observés pour des sous-groupes comparables dans la branche Enseignement (PP).
Les données qualitatives de l’emploi suivent les séries d’emploi de la comptabilité nationale, ce qui implique qu’elles subissent les mêmes ruptures éventuelles. Une rupture importante concerne les indépendants en 2009. Dans les comptes nationaux, les administrateurs de société, qui sont considérés comme des indépendants, sont repris exclusivement dans la branche A64 ‘69-70’ (Activités juridiques, comptables et de gestion). Ce faisant, le lien avec la branche d’activité de l’entreprise dont ils sont gestionnaires est perdu. Ce traitement a été appliqué pour toute la période 1999-2024. Néanmoins, à l’occasion d’une révision méthodologique récente de la comptabilité nationale, la population des indépendants administrateurs de société dans les comptes nationaux a été revue à la hausse à partir de 2009. Suite à cela, la série connait une hausse visible du nombre d’indépendants dans la branche 69-70 en 2009 (et 2010) qui va de pair avec une baisse comparable dans toutes les autres branches. La part des administrateurs de société dans le volume de travail de la branche ’69-70 varie entre 85% à 90% dans la période 1999 et 2008 et entre 93% et 94% dans la période 2009-2024. Afin de mieux refléter les caractéristiques des administrateurs de société, la branche MA a été subdivisée en deux sous-branches, 69-70 et 71 (Activités d’architecture et d’ingénierie et de contrôle). [6]
La base de données ne contient pas de ventilation du revenu mixte des indépendants par sexe, classe d'âge ou niveau d’éducation. Le tableau ci-dessus donne un résumé de la source principale par variable et catégorie qualitative.
Catégorie | Emploi intérieur | Volume de travail | Coût salarial (salariés) | |
|---|---|---|---|---|
Salariés par branche A38 comptes nationaux | Sexe, classe d’âge, sous-statut, régime de travail | Données administratives (Institutions sécurité sociale) | ||
Niveau d’éducation | Enquête sur les forces de travail (EFT) (Statbel) | Enquête sur la structure et la répartition des salaires, principalement (Statbel) | ||
Non-salariés par branche A38 comptes nationaux | Sexe, classe d’âge, Sous-statut | Données admin. (Institutions sécurité sociale) | EFT (Statbel) | |
Niveau d’éducation | EFT (Statbel) | |||
Notes:
[1] Bresseleers, e.a. Kwalitatieve werkgelegenheidsdata voor België, een SAM-aanpak voor de periode 1999-2005. Working Paper 02-07, Bureau fédéral du Plan, 2007.
[2] Pour le coût salarial, une approche bottom-up est suivie, dans laquelle les totaux par branche pour divers éléments du coût salarial (salaires bruts ; cotisations sociales à charge des employeurs) sont ventilés séparément sur la base de données administratives. Les résultats pour le coût salarial s’obtiennent alors après agrégation.
[3] L'Office national de sécurité sociale (ONSS), l'Office national de sécurité sociale des administrations provinciales et locales (ONSSAPL) et l'Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants (INASTI).
[4] Les contractuels et fonctionnaires ont toujours été mis dans une même régression, De même pour les indépendants et leurs aidants. Dans les deux cas, une variable binaire est introduite afin de capter les éventuelles différences de niveau d’éducation entre les deux sous-statuts.
[5] Il s’agit des branches d'activité Enseignement (PP), Activités pour la santé humaine (QA), Hébergement médico-social et social et action sociale sans hébergement (QB), Arts, spectacles et activités récréatives (RR) et une partie des Autres activités de services (SS), pour lesquelles l'Enquête sur la structure et la répartition des salaires contient uniquement des observations pour les années 2006, 2010, 2014, 2018 et 2022.
[6] Pour les indépendants, les régressions économétriques sont réalisées avec les administrateurs de société placés dans leur branche d’origine. Une variable binaire permet de les distinguer et de les transférer ensuite dans la branche 69-70.