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Retirez trois lettres… et tout change !

Aujourd'hui, le meilleur résumé que je puisse vous proposer, c'est… la lecture de la chronique.

Elle ne vous demandera que 1 minute 39 secondes, mais je souhaite, de tout cœur, qu'elle puisse vous accompagner bien plus longtemps.


Il m'est arrivé, plus d'une fois, d'entendre cette plaisanterie : « Si vous enlevez le mot table au mot comptable, il ne reste plus que… "con". »

J'avoue qu'elle ne m'a jamais arraché le moindre sourire. Je la range parmi ces traits d'humour de caniveau qui font sourire, certains, quelques secondes… mais qui en disent bien davantage sur celui qui les prononce que sur celles et ceux qu'ils prétendent caricaturer.

Alors, permettez-moi un autre jeu de lettres.

  • Dans le mot confraternité, j'aime enlever les trois premières lettres ( ! ) pour ne conserver que le plus beau des mots : FRATERNITÉ.
Car, reconnaissons-le avec lucidité, notre profession n'est pas toujours exemplaire en matière de confraternité. La journaliste Carmen Tessier la définissait avec humour comme « une haine vigilante ». Feu, l’avocat Charles Dumercy observait, quant à lui, que « ses règles ressemblent à celles de l'escrime ». Certaines périodes électorales ou quelques concurrences locales semblent parfois leur donner raison dans notre profession belge.

Pourtant, fort tôt, ce matin même, un confrère m'a téléphoné. Non pour se plaindre des tracas que lui occasionnent Tax on web & Cie, ni pour défendre un intérêt particulier. Il m'appelait afin que nous puissions, ensemble, venir en aide à une consœur en plein burn-out, profondément découragée en cette période de déclarations.

Ce simple appel m'a réconcilié avec un mot que nous employons souvent… sans toujours en mesurer toute la profondeur : la confraternité.
  • Au fond, les mots consœur et confrère portent en eux une idée magnifique. Ils disent bien davantage qu'une appartenance à une même profession. Ils nous rappellent que nous sommes, étymologiquement, des sœurs et des frères de métier.
Les grandes traditions humanistes, spirituelles ou maçonniques nous enseignent depuis des siècles qu'une communauté ne grandit jamais par la rivalité, mais par la fraternité.

À l'heure où notre profession affronte des bouleversements sans précédent ,intelligence artificielle, néobanques, nouveaux modèles économiques, ces défis, eux, ne distinguent ni les sensibilités, ni les appartenances, ni même les listes électorales.

Le plus beau service que nous puissions rendre à notre profession n'est pas toujours un avis technique. C'est parfois simplement de tendre la main et de rendre espoir à l'une des nôtres avant qu'il ne soit trop tard.
Nous ne choisirons jamais nos concurrents. En revanche, nous pouvons choisir, chaque jour, d'être dignes de nous appeler… consœurs et confrères.

(Con) fraternellement,
Guy K

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