
Le nouveau dispositif repose sur une logique simple : l’administration ne peut enquêter que sur les exercices pour lesquels elle peut encore établir l’impôt, et inversement, tout exercice encore imposable doit pouvoir faire l’objet d’un contrôle.
La loi réinstaure, comme auparavant, la notification préalable d’indices de fraude et écarte toute présomption de fraude : pour bénéficier du délai d’investigation supplémentaire de sept ans (toujours lire à compter du 1er janvier de l’exercice d’imposition) au total, l’administration doit notifier au contribuable, préalablement , par écrit et de manière précise, les indices de fraude fiscale qui existent, en ce qui le concerne, pour la période considérée.
Cette obligation est prescrite à peine de nullité.
Retour en arrière également pour l’article 354 CIR 92, qui est remanié afin de réduire certains délais introduits récemment.
Le délai de rectification ordinaire est toujours de trois ans.
Il est porté à quatre en cas d’absence de déclaration, de remise tardive de celle-ci ou de déclaration complexe.
Le législateur avait établi une distinction entre les déclarations semi-complexes, pour lesquelles il avait prévu un délai d’imposition de six ans, et les déclarations complexes, pour lesquelles il avait prévu un délai d’imposition de dix ans.
Cette distinction disparaît. Il n’existe désormais plus que des déclarations complexes, pour lesquelles le délai d’imposition est de quatre ans.
Sont visées neuf situations différentes dont celle d’une déclaration fiscale faisantmention d’une construction juridique.
Par ailleurs, en cas de fraude fiscale, le délai d’établissement de l’impôt est ramené de dix ans à sept ans, comme c’était le cas auparavant.
Les nouveaux délais s’appliquent rétroactivement à partir de l’exercice d’imposition 2023. Cette rétroactivité est expressément justifiée par le législateur pour plusieurs raisons :
La réforme s’étend également au Code de la TVA.
Cette notification doit toujours être préalable au redressement mais pas aux investigations. On ne peut que regretter cette différence entre le Code de la TVA et le Code des Impôts sur les Revenus.
Ces modifications visent, pour l’essentiel, à détricoter la réforme antérieure et l’on ne peut qu’en féliciter le législateur. En réduisant les délais trop longs, en simplifiant les concepts et en renforçant les exigences de motivation en cas de fraude, le législateur entend améliorer la prévisibilité et la sécurité juridique, tout en maintenant l’efficacité des contrôles fiscaux.