Je partage une étrange pensée qui m’assaille depuis des semaines.
Nous traversons et vivrons des temps financiers extrêmement instables. La versatilité américaine dans tous les domaines, combinée à la pusillanimité d’autres dirigeants, constitue un facteur de volatilité pour l’économie mondiale, dans des conditions comparables à ce qui se passa en 1971, lorsque les États-Unis sabordèrent les accords de Bretton Woods, négociés en 1944, et reliant les parités de change à un poids en or.
Le système explosa, car le dollar, qui dominait déjà la sphère financière, devait donner sa propre liquidité au reste du monde, ce qui supposait une monnaie abondante et dévaluatrice et surtout correspondait à un déficit commercial américain qui conduisit à ce que les réserves américaines en or ne pouvaient plus couvrir les dollars en circulation.
Aujourd’hui, devant les risques évidents d’une dépréciation du dollar (et qui pourrait d’ailleurs être brutale), de nombreuses banques centrales accumulent de l’or.
La Banque Centrale européenne (BCE) détient de l’or mais une grande partie des réserves d’or de la zone euro sont détenues par les banques centrales nationales de ses États membres (comme la France, l’Allemagne, l’Italie, etc.).
La Russie et la Chine ont été des acheteurs importants d’or ces dernières années, augmentant considérablement leurs réserves dans le cadre de leur stratégie de diversification et de réduction de leur dépendance au dollar américain.
Donc, je pose la question : est-ce que l’Europe ne devrait pas aussi accumuler de l’or, même si je sais qu’on ne garantit plus une monnaie par de l’or, et que ce dernier conduit à un système chaotique et déflationniste ?
Et je parle bien d’or, pas de cryptomonnaies, idée dont les États-Unis se sont d’ailleurs écartés.
Car aujourd’hui, quand on y réfléchit bien, les euros émis par la BCE sont certes gagés par l’attribut de confiance qui leur est associé, mais la quantité d’euros émis par la BCE est garantie par des obligations d’État de la zone euro. Des dettes publiques garantissent l’euro, et inversement.
C’est du papier contre du papier.
D’où la question de l’or.