
Le droit de visite repose principalement sur :
Ces dispositions autorisent l’administration fiscale à accéder aux locaux professionnels afin d’y vérifier la nature et l’importance de l’activité exercée, ainsi que d’examiner les livres et documents utiles à l’établissement de l’impôt.
Il s’agit toutefois d’un pouvoir administratif, distinct des prérogatives des autorités judiciaires.
Un point fondamental doit être rappelé : la visite fiscale ne constitue pas une perquisition.
Contrairement à un juge d’instruction ou à la police judiciaire, les agents de l’administration fiscale :
La Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt du 3 octobre 2024 : le consentement donné par un contribuable pour une vérification fiscale déterminée ne vaut pas autorisation générale pour une exploration complète et indifférenciée des locaux.
Le consentement doit être éclairé, spécifique et proportionné à l’objectif du contrôle.
Le droit de visite repose sur une logique de collaboration encadrée.
Le contribuable conserve, à tout moment :
La jurisprudence insiste sur le caractère continu du consentement : un accord donné à un instant précis ne couvre pas nécessairement l’ensemble des actes posés ultérieurement par l’administration.
En pratique, cette question est déterminante dans l’appréciation de la régularité des preuves recueillies lors d’un contrôle fiscal.
Le domicile privé bénéficie d’une protection constitutionnelle particulière. L’article 15 de la Constitution belge consacre le principe de l’inviolabilité du domicile.
Une visite fiscale dans un logement privé n’est possible que si trois conditions cumulatives sont réunies :
Dans un arrêt du 16 juin 2023, la Cour de cassation a confirmé que le retrait du consentement oblige les agents fiscaux à cesser immédiatement leurs investigations, même en présence d’une autorisation judiciaire.
La distinction entre :
revêt une importance pratique majeure.
Dans les locaux mixtes, l’administration ne peut accéder librement qu’aux espaces affectés à l’activité professionnelle. Les parties relevant de la sphère privée restent soumises aux règles strictes applicables au domicile.
Une confusion sur ce point peut entraîner une irrégularité du contrôle.
Lorsque l’administration fiscale obtient des éléments de preuve en violation des règles applicables au droit de visite, ces preuves ne sont pas automatiquement écartées.
Le juge fiscal applique les critères issus de la jurisprudence Antigone, initialement développée en matière pénale.
Une preuve irrégulière peut être écartée lorsque :
L’appréciation se fait au cas par cas, ce qui renforce l’importance d’une analyse précise des circonstances de la visite fiscale.
Exclusion de la preuve – Cour d’appel de Gand, 4 février 2025
La Cour a écarté les preuves recueillies lors d’une visite effectuée sans autorisation préalable dans un entrepôt, au cours de laquelle les agents avaient copié des données numériques. Elle a considéré que ce comportement violait le principe de bonne administration et justifiait l’annulation de la taxation.
Maintien de la preuve – Cour d’appel d’Anvers, 24 juin 2025
Dans cette affaire, la visite s’était poursuivie après le retrait du consentement du contribuable. La Cour a néanmoins estimé que l’irrégularité constatée ne portait pas atteinte au droit à un procès équitable, de sorte que la preuve pouvait être maintenue.
Ces réflexes peuvent s’avérer déterminants pour la suite de la procédure.
La jurisprudence récente démontre que si l’administration dispose de pouvoirs étendus, ceux-ci restent strictement encadrés. Chaque irrégularité peut avoir des conséquences importantes, sans pour autant garantir automatiquement l’annulation de la taxation.
Dans ce contexte, la vigilance et l’accompagnement juridique dès les premières étapes du contrôle constituent souvent la meilleure protection du contribuable.
Nous sommes à votre disposition pour vous assister en cas de contrôle fiscal.