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L'enquête sur la perception des charges administratives des entreprises et des indépendants livre un bilan mitigé

Le SPF BOSA, avec le soutien de Statbel (l’office belge de statistique), a réalisé une enquête sur la perception de l’évolution des charges administratives des entreprises et des indépendants entre les années 2022 et 2024. L’enquête se concentre sur la perception que les entreprises et les indépendants ont des charges administratives. Plus de 1400 entreprises et indépendants ont répondu à cette enquête.

Management & OrganisationF.F.F.Les charges administratives et leur évolution récente, vous en pensez quoi ? Pourquoi ?


Elle confirme ce que nous constatons chaque jour : pour beaucoup d’entreprises et d’indépendant.e.s, les obligations administratives ne sont plus un simple arrière-plan, mais une pression croissante qui pèse sur les décisions, les projets et parfois sur le moral.

En effet, nous le voyons toutes et tous dans nos dossiers : la charge administrative augmente, se fragmente, se répète. L’enquête 2025 du SPF BOSA, qui vient de paraître met des chiffres sur ce ressenti. La majorité des entreprises et des indépendant.e.s y déclarent une hausse des charges entre 2022 et 2024, avec un sentiment d’alourdissement qui s’inscrit dans une tendance longue, particulièrement marquée depuis 2020.

La norme est partout, mais elle n’est pas forcément plus claire. La communication s’est améliorée : les textes sont mieux diffusés, les informations plus souvent disponibles à temps. Pourtant, pour nos client.e.s, le cœur des règles reste difficile à comprendre et mal adapté à la réalité quotidienne : petite entreprise familiale, indépendant.e débordé.e, PME en croissance. Nous devons souvent traduire, simplifier, relier ces prescriptions à la vraie vie économique.

Dans ce paysage, nous jouons un rôle de médiation. Nous aidons à transformer un article de loi en décision concrète, une obligation environnementale en procédure réalisable dans un atelier ou un commerce. Nous voyons aussi l’effet décourageant de cette complexité : des embauches reportées, des projets différés, des investissements remis à plus tard, simplement parce que l’incertitude réglementaire prend trop de place dans l’équation.

Les contacts avec l’administration reflètent la même ambivalence. Quand nous arrivons au bon service, les réponses sont souvent précises et les délais globalement respectés. Mais identifier le bon interlocuteur, obtenir un contact, savoir par où commencer reste difficile. Nous servons souvent de boussole dans ce labyrinthe, pour nos client.e.s comme pour nos collaborateur.trice.s.

Les outils numériques (MyMinFin, e-Box Enterprise, MyEnterprise, etc.) sont de plus en plus connus, mais pas toujours pleinement exploités. Bien utilisés, ils peuvent pourtant réduire certaines routines, sécuriser des échanges et redonner un peu de temps à celles et ceux qui se sentent submergé.e.s par les formalités. À condition que nous les maîtrisions et que nous accompagnions nos client.e.s dans leur utilisation, plutôt que de les subir comme une contrainte de plus.

Nous ne ferons pas disparaître les charges administratives. En revanche, nous pouvons, ensemble, les rendre plus supportables et plus prévisibles. En assumant notre rôle de traducteur.trice de la norme, de relais auprès des autorités, de soutien de proximité pour les employeur.euse.s, salarié.e.s et indépendant.e.s, nous pouvons transformer un fardeau subi en passage maîtrisé. C’est là que notre expertise et notre humanité prennent toute leur force.

Guy Khan


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F.F.F.

Les charges administratives et leur évolution récente, vous en pensez quoi ? Pourquoi ?

Publié le 20 Mar 2026 à 05:00
Lecture de 4min