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L’intelligence artificielle ne signe pas la fin de l’université. Elle sonne la fin de son immobilisme.

​L’intelligence artificielle ne signe pas la fin de l’université. Elle sonne la fin de son immobilisme.

Dans l’enseignement supérieur non technique, le métier de professeur entre dans une zone de rupture. Une nomination protège une fonction. Elle ne garantit pas éternellement une manière d’enseigner.

Lorsque l’intelligence artificielle maîtrise les connaissances, résume les cours, adapte ses explications et rédige les travaux, le monopole de la transmission du savoir disparaît. Le professeur devra moins fournir des réponses que poser les bonnes questions, hiérarchiser les connaissances, les relier et leur donner du sens.

L’évaluation devra également être repensée. Un texte parfaitement rédigé ne prouve déjà plus qu’un étudiant maîtrise son sujet. Il faudra juger le cheminement intellectuel, la confrontation des sources, la défense orale, la capacité à douter et à contredire la machine.

Le véritable professeur restera pourtant irremplaçable. Une phrase, une exigence ou un encouragement peuvent faire naître une vocation. Mais cette responsabilité suppose une véritable compétence académique, un engagement intellectuel et une formation continue. Une carte de visite ne suffit pas à faire un professeur.

Cette révolution exige enfin des moyens. Mettre aujourd’hui l’enseignement francophone à la diète budgétaire, au moment où il doit accomplir sa transformation la plus profonde depuis plusieurs générations, serait une erreur politique majeure. ​

Vous trouverez en annexe la contribution externe de Bruno Colmant publiée dans la Libre sous le titre Université : avec l'IA, à quoi servira encore un professeur ?


  • Université : avec l'IA, à quoi servira encore un professeur ? - La Libre.pdf

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