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La prolétarisation du droit à l'ère de l'IA

Le symptôme d’une mutation

En décembre 2025, le Conseil National des Barreaux français supprime le mot ‘intellectuelle’ de sa définition de la consultation juridique. Ce geste administratif révèle malgré lui la crise de l’expertise juridique à l’ère de l’IA générative.

Sur un rapport de la commission de l’exercice du droit du CNB:

l’Assemblée générale du CNB du 12 décembre 2025 a acté la suppression du terme « intellectuelle » de sa proposition de définition de la consultation juridique adoptée initialement en 2011, privilégiant une approche centrée sur la finalité de la prestation, pour garantir une protection effective du public et du périmètre du droit face à l’essor rapide des outils d’intelligence artificielle générative."

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Cette actualité peut apparaître anodine ou marginale mais les réflexions de certains autour de cette nouvelle méritent d’être partagées et décodées. En effet, la modification votée par le CNB porte sur la définition de la consultation juridique, qui est en France, un monopole de l’avocat (à l’inverse de la Belgique).

Avant, la définition était rédigée comme suit :

La consultation juridique consiste en une prestation intellectuelle tendant, sur une question posée, à la fourniture d’un avis ou d’un conseil fondé sur l’application d’une règle de droit en vue, notamment, d’une éventuelle prise de décision.

Selon le CNB, avec le développement de l’intelligence artificielle (IA) générative, l’enjeu s’est déplacé sur le terme « intellectuel ». L’Assemblée générale s’est prononcée en faveur de la suppression du terme « intellectuelle », dans la définition désormais libellée comme suit :

La consultation juridique consiste en une prestation personnalisée tendant, sur une question posée, à la fourniture d’un avis ou d’un conseil fondé sur l’application d’une règle de droit en vue, notamment, d’une éventuelle prise de décision.

Dans ce cadre, une lecture économique nous ferait constater que “l’assiette " du monopole de l’avocat s’élargit. Il s’agirait alors d’un vote “protectionniste” du CNB pour asseoir le monopole de l’avocat face aux assauts incessants des legaltechs.

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