En 2023 en Belgique, un travailleur sur cinq se trouve en difficulté financière.

Les PME rencontrent des tensions financières sur leur lieu de travail en raison de l'augmentation des demandes concernant les paiements, les avances et les augmentations de salaire.


L'enquête trimestrielle de SD Worx auprès de 731 chefs d'entreprise de PME montre qu'en moyenne, un salarié sur cinq (21,3 %) connaît de réelles difficultés financières. Ce pourcentage est plus faible en Flandre (13,0 %) qu'en Wallonie (36,8 %). Bruxelles se situe entre les deux (22,6 %). Le stress financier se manifeste dans le lieu de travail principalement par un plus grand nombre de demandes concernant le paiement de salaires, les avances ou les augmentations salariales. En termes de ressources, la PME ou le département des ressources humaines n'ont qu'un pouvoir limité pour aider à résoudre les problèmes financiers personnels.

Les PME wallonnes estiment qu’un travailleur sur trois connaît des problèmes financiers

C'est parmi les PME wallonnes que l'on trouve le chiffre le plus élevé : elles ont le sentiment que plus d’un travailleur sur trois (37 %) a des problèmes financiers. En moyenne, les PME belges estiment qu'un travailleur sur cinq connaît des difficultés financières. Parmi les PME flamandes, c'est moins le cas et cela ne concerne qu’un travailleur sur dix (13 %). Il n'y a toutefois pas de différences significatives entre les provinces, que ce soit entre les secteurs des industries ou des services, ou en fonction de la taille de l'organisation.

Vassilios Skarlidis, conseiller PME chez SD Worx : « Notre enquête trimestrielle montre que les PME wallonnes en particulier remarquent un stress financier chez leurs travailleurs. Cela se manifeste par des questions sur les délais de paiement dans une PME sur cinq (21,7 %) et des questions sur les avances (14,7 %) ou sur les augmentations de salaire (13,3 %). Le stress financier peut avoir un impact : une PME sur dix parle même d'une atmosphère de travail plus tendue et d'une baisse de la productivité. La moitié d’entre elles est cependant convaincue qu'il y a peu de problèmes financiers, un quart affirme d’ailleurs qu'ils ne se manifestent pas sur le lieu de travail. C'est aussi parce qu'il y a parfois un tabou à ce sujet. Mais il ne s'agit certainement pas d'une politique de l'autruche de la part des employeurs. »


Le premier pas est d'oser engager la conversation

« Un responsable des ressources humaines peut certainement essayer d'entamer la conversation s'il y a des signaux clairs. Parfois, les travailleurs souhaitent effectuer plus d'heures de travail, mais cela doit rester faisable. Davantage d'erreurs ou d'absences (de courte durée) peuvent également servir d’indicateurs. La majorité (53,8 %) estime que les possibilités d'aide sont limitées. Une liste d'organismes officiels auxquels se référer (13,6 %) et un accompagnement individuel en matière de bien-être financier (11 %) semblent être les solutions les plus envisageables. Lorsqu’il y a une saisie sur salaire par exemple, il y alors un signe clair que le travailleur pourrait avoir besoin d'une aide supplémentaire. Là encore, mieux vaut prévenir que guérir. Au plus tôt l'employeur propose une discussion informelle, au mieux c'est », conclut Vassilios Skarlidis de SD Worx.


À propos de l'étude

Pour la 52ème fois, les prévisions trimestrielles sur l'emploi de SD Worx ont interrogé un nombre représentatif de PME en Belgique sur leurs attentes en matière d'emploi. 731 entreprises de 1 à 250 travailleurs ont participé à l'enquête entre le 1er et le 15 mars. Il s'agit d'une enquête en ligne auprès des PME belges, utilisant un échantillon représentatif dans lequel l'agence de recherche CityD-WES s'adresse aux répondants par e-mail. L'enquête sera répétée tous les trimestres. La pondération se fait par région et par taille d'organisation en fonction de la population des PME. Les résultats sont représentatifs de toutes les PME en Belgique. La pondération est inférieure à 3. Pour l'échantillon complet, la marge d'erreur est de 3,62 % (intervalle de confiance de 95 %).​

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