
Mais le problème est plus fondamental : une entreprise qui appartient à moitié à l’état et à moitié à la bourse constitue une chimie impure. Les activités uniquement belges, bornées par la taille du royaume, ne peuvent pas donner la croissance et la rentabilité que la bourse exige. Ces deux entreprises ont donc développé des activités internationales, aux résultats incertains. Rétrospectivement, il fallait garder une poste publique et privatiser totalement Proximus.
Même en tenant compte des dividendes encaissés pendant cette période, le résultat net pour l’État (qui détient encore 53,5 % de Proximus et 51 % de Bpost) est une perte sèche de 2,53 milliards d’euros.
Ramenons ce chiffre à l’échelle humaine puisque l’Etat, c’est nous : cela représente environ 215 euros par habitant belge sur 10 ans — soit plus de 21 euros par personne et par an. D’accord, c’est trois fois rien.
Et puis tout se dilue dans le grand tout cosmique.
Mais, comme disait Raymond Devos, une fois rien, ce n’est rien, deux fois rien, c’est rien, mais trois fois rien, c’est déjà une petite quelque chose.
Au-delà du coût financier direct, cela soulève une question stratégique : comment mieux valoriser et piloter les participations publiques dans un monde en pleine transformation ? Faut-il repenser la gouvernance des entreprises à participation publique ou accepter ces pertes comme le prix de la transition ?
La gouvernance de ces entreprises, couplée à une vision audacieuse de la SFPI, est la clé.