
Il est encore plus important de noter qu’une réforme de l’État supplémentaire demeure nécessaire pour une économie qui fonctionne mieux. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles sont de loin les principaux partenaires commerciaux les uns des autres, mais présentent aussi des différences économiques cruciales qui font qu’une même approche politique ne peut pas fonctionner pour les trois. Ainsi, l’économie flamande croît systématiquement plus rapidement que celles de la Wallonie et de Bruxelles depuis plusieurs décennies. Depuis les années 50, la Flandre a connu une croissance plus de deux fois supérieure à celle des autres Régions. Cela a entraîné une différence importante de richesse entre les Régions, qui continue de se creuser. L’écart de croissance est toutefois moins marqué ces 25 dernières années que sur la période précédant 2000, mais reste persistant. Et selon les dernières prévisions du Bureau du Plan, cela restera le cas dans les années à venir. Il n’est pas question d’un rattrapage de la Wallonie ou de Bruxelles.
Cette différence de dynamique se manifeste également dans d’autres indicateurs. Ainsi, aujourd’hui, plus de 77 % des personnes âgées de 20 à 64 ans travaillent en Flandre. En Wallonie et à Bruxelles, ce chiffre est respectivement de 68 % et 64 %. En Flandre, moins de 7 % des moins de 65 ans vivent dans des ménages où peu de travail est effectué. En Wallonie, c’est près de 15 %, à Bruxelles même 22 %. Bruxelles figure ainsi dans le top trois des régions européennes. Cela se traduit presque directement dans les chiffres relatifs au risque de pauvreté. En Flandre, 11 % de la population est exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, ce qui est parmi les plus faibles des régions européennes. En Wallonie, ce taux est de 20 %, à Bruxelles même de 34 %.
Malgré ces dynamiques très différentes, les politiques régionales sont dans une large mesure similaires. Un exemple significatif est la dynamique salariale. Malgré les énormes différences sur le marché du travail, la hausse salariale moyenne dans les trois Régions a été identique ces 30 dernières années. Cela résulte évidemment du fait que la formation des salaires est quasi intégralement déterminée au niveau national via l’indexation automatique des salaires et la norme salariale, mais économiquement cela n’a pas de sens. Pour tenir compte des conditions économiques divergentes dans les Régions, une politique davantage coordonnée régionalement est nécessaire.
Cela requiert effectivement davantage de compétences régionales, notamment en matière de marché du travail et de fiscalité, avec surtout la responsabilisation financière correspondante des Régions. Il reste cependant crucial que ces Régions fassent effectivement quelque chose avec ces compétences, et surtout beaucoup plus que ce qu’elles font aujourd’hui avec leurs compétences actuelles.
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