
L’intelligence artificielle a tout emmagasiné, tout intégré dans une logique inductive, avec des capacités qui dépassent, de loin, celles d’un être humain. Dès lors, comment un nouvel auteur peut-il émerger si une machine peut non seulement le surpasser dans certains domaines, mais aussi prétendre décider de ce qui a été généré par l’IA ou non ?
C’est une question fondamentale, presque anthropologique, pour la création humaine. Car bientôt, le même cadre de référence s’appliquera à la musique, à la peinture et, plus largement, à toutes les formes de création.
Et il se passe quelque chose d’encore plus saisissant : dans le domaine de l’écriture, seuls ceux qui disposent d’une œuvre antérieure à l’irruption de l’IA pourront bénéficier d’une sorte de présomption d’innocence. Ils pourront montrer qu’ils écrivaient déjà ainsi avant que ces outils n’existent.
Mais qu’en sera-t-il de ceux qui commencent aujourd’hui ?
Quel que soit l’angle sous lequel on aborde la question, l’émergence de jeunes talents risque d’en être profondément affectée.
Et une interrogation s’impose : que seraient devenus nos grands classiques s’ils avaient dû commencer à écrire dans un monde où une machine était capable, avant même qu’ils ne soient reconnus, de contester l’originalité de leur plume ?
Il faut y réfléchir.