
Nous le savons toutes et tous : dans nos cabinets, la question de l’âge n’est pas théorique. Elle a le visage de nos collaborateur.trice.s, de nos associé.e.s… et le nôtre.
Dans notre pays, au moins une personne sur trois déclare avoir subi une discrimination liée à l’âge au cours des douze derniers mois. Chez les moins de 30 ans comme chez les plus de 70 ans, c’est même une personne sur deux.
Dans nos cabinets, deux préjugés se regardent encore parfois en chiens de faïence : les plus jeunes soupçonnent leurs aîné.e.s d’être dépassé.e.s par le numérique ; les plus ancien.ne.s pensent que les jeunes ne sont plus « aussi engagés » qu’avant.
Une étude d’Unia montre combien ces stéréotypes peuvent empoisonner le travail, du recrutement aux promotions, et finalement fragiliser tout le monde.
Or, nous avons besoin de toutes les générations.
De l’enthousiasme qui bouscule nos habitudes comme de l’expérience qui a traversé les crises. De la curiosité digitale comme de la mémoire des dossiers complexes. De la fraîcheur des questions nouvelles comme de la profondeur des convictions mûries avec le temps.
La vraie force d’un cabinet ne réside pas dans la moyenne d’âge de son équipe, mais dans la qualité des ponts qu’il construit entre les générations.
Concrètement, faisons de l’âge un critère qui s’efface devant les compétences et le potentiel. Oublions le sempiternel « jeune équipe dynamique » comme filtre implicite et développons des politiques du personnel attentives à chaque étape de la vie : accompagnement des carrières, mentorat croisé, formations numériques accessibles à toutes et tous, souplesse des horaires et des lieux de travail.
Unia nous y encourage.
Et dans nos institutions professionnelles ? Certaines pratiques maintiennent encore des limites d’âge rigides pour accéder à des responsabilités ou à des commissions. Comme si l’expérience, le discernement ou la capacité à imaginer demain pouvaient soudain s’éteindre… à la date d’un anniversaire.
À nous, comme corps professionnel, de choisir le message que nous voulons envoyer.
La date de naissance doit-elle décider de la valeur d’une personne ?
Ou préférons-nous faire de l’engagement, de la compétence, de la transmission et de l’éthique nos boussoles communes, à chaque âge de la vie ?
Confraternellement vôtre,
Guy K