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Les avantages du vélo pour l'employeur et l'employé en Belgique: le dossier complet pour structurer l'avantage sans faux pas!

Le vélo d'entreprise reste l'un des avantages les plus efficients du paysage salarial belge : déduction intégrale pour l'entreprise, exonération totale pour le bénéficiaire, indemnité kilométrique défiscalisée en prime. Mais depuis 2024, la faveur se mérite : condition des frais forfaitaires, mention obligatoire sur les fiches fiscales — vélos amortis compris —, exigence d'un usage domicile-travail démontrable. Ce dossier met à jour l'ensemble des paramètres 2026 et compare les trois formules de mise en place : achat direct, leasing et échange salarial.


1. Côté entreprise : déduction, amortissement, TVA

1.1. Une déduction intégrale, tous vélos confondus

Tous les frais exposés pour encourager l'usage du vélo par le personnel ou le dirigeant sont déductibles : acquisition ou loyers de leasing, amortissements, entretien et réparations, accessoires fonctionnels (casque, cadenas, éclairage, gilet, sacoches), abris à vélos, bornes de recharge et même installations sanitaires. Le régime couvre tous les types de vélos depuis la loi du 22 octobre 2017¹ : vélo musculaire, vélo à assistance électrique (max 25 km/h), speed pedelec (max 45 km/h), vélo cargo, vélo de course ou VTT — le fisc ne peut pas écarter un vélo de sport au motif qu'il serait « purement privé », dès lors que le trajet domicile-travail est établi. À l'ISoc, la déduction est de 100 %, la déduction majorée de 120 % ayant été supprimée depuis l'exercice d'imposition 2021 ; l'employeur personne physique conserve, lui, le taux majoré de 120 % à l'IPP. L'amortissement s'opère sur trois ans au minimum² — notre analyse de 2024 évoquait un amortissement « libre » : la référence correcte est bien le minimum de trois ans.

1.2. La TVA : le maillon faible du régime

La TVA grevant l'achat (21 %) et les frais n'est déductible qu'à proportion de l'usage professionnel effectif — visites de clients, déplacements de chantier. Or, en matière de TVA, les trajets domicile-lieu de travail sont assimilés à un usage privé : le vélo mis à disposition pour ces trajets et l'usage privé n'ouvre en principe aucun droit à déduction. Le forfait de 35 % des voitures de société ne s'applique pas aux vélos. Une voie de récupération existe — structurer la mise à disposition à titre onéreux, contre retenue salariale réelle et documentée, ce qui transforme l'opération en location taxable — mais elle suppose un montage contractuel rigoureux ; nous y avons consacré une analyse distincte pour les praticiens.

► À retenir — Section 1

Déduction de 100 % à l'ISoc (120 % à l'IPP) pour tous les frais vélo, tous types de vélos, speed pedelec compris.

Amortissement sur trois ans au minimum (art. 64ter, 3°, CIR 92) — correction de notre analyse 2024.

TVA : trajets domicile-travail = usage privé ; déduction souvent nulle, sauf usage professionnel démontré ou mise à disposition à titre onéreux.


2. Côté bénéficiaire : une exonération totale, quatre conditions

2.1. L'usage domicile-travail effectif et régulier

L'avantage résultant de la mise à disposition — vélo, accessoires, entretien, entreposage — est exonéré d'impôt³ et de cotisations sociales⁴ dès lors que le vélo est effectivement utilisé pour les déplacements domicile-lieu de travail. L'usage privé illimité (week-ends, vacances) est alors couvert par la même exonération. Le ministre des Finances a précisé le seuil en mars 2025 : la loi ne fixe aucun minimum — un jour par semaine peut suffire, de même qu'une partie du trajet (gare-bureau, par exemple)⁵. L'exigence porte sur la régularité et sur sa preuve : données d'une application de suivi, inscription à un programme vélo, clause d'usage dans la bike policy ou déclaration sur l'honneur. À l'inverse, le dirigeant dont la société est établie à son domicile n'effectue aucun trajet domicile-travail : l'exonération lui est fermée, sauf à démontrer des trajets réguliers vers un autre lieu fixe d'activité.

2.2. La condition des frais forfaitaires

Depuis les revenus 2024, l'exonération — de l'avantage comme de l'indemnité — est réservée aux contribuables qui optent pour la déduction forfaitaire des frais professionnels. Celui qui prouve ses frais réels est imposé sur les deux, au taux progressif. Le contrôle s'opère à l'enrôlement, pas à la source : aucun précompte professionnel n'est retenu, quelle que soit l'option finale du bénéficiaire. L'arbitrage frais réels / forfait doit donc désormais intégrer la perte des avantages vélo — un calcul d'opportunité que nous réalisons régulièrement pour nos clients.

2.3. La mention sur les fiches 281.10 et 281.20 — vélos amortis compris

Corollaire du contrôle : depuis les revenus 2024, la valeur de l'avantage doit figurer sur la fiche fiscale du bénéficiaire, même s'il est exonéré. La valorisation suit la valeur réelle : loyer de leasing annuel, ou coût réellement supporté par l'employeur avec un amortissement admis sur cinq ans, réduction prorata temporis en cas de mise à disposition en cours d'année⁶. Point de vigilance majeur : le vélo entièrement amorti ne disparaît pas des fiches — le ministre a confirmé début 2025 que l'avantage doit continuer à être mentionné, à sa valeur résiduelle réelle, déterminée selon les circonstances de fait (l'économie que réalise le bénéficiaire). Une valeur nulle ou symbolique expose l'employeur à un redressement.

Exemple — Le vélo électrique amorti : quelle valeur sur la fiche ?

Données : Vélo électrique acquis en 2020 pour 3 500 € HTVA, amorti sur 5 ans ; valeur nette comptable au 1er janvier 2026 : 0 €

Usage : Mise à disposition permanente du dirigeant, trajets domicile-travail réguliers

Cote de marché d'un vélo équivalent de 6 ans : 800 à 1 000 €

>>> Fiche 281.20 :

Mention de l'avantage exonéré à la valeur résiduelle réelle (de l'ordre de 900 €) — jamais zéro

2.4. Les accessoires et l'assistance : exonérés aussi

Les accessoires fonctionnels mis à disposition (casque, gilet, éclairage) suivent le régime du vélo : pas de cotisations ONSS, exonération fiscale aux mêmes conditions. L'assistance dépannage prise en charge par l'employeur pour les trajets domicile-travail est également exonérée — qu'il s'agisse d'un vélo d'entreprise ou du vélo propre du travailleur⁷.

► À retenir — Section 2

Exonération totale (ATN + ONSS) si usage domicile-travail effectif et régulier : un jour par semaine ou une partie du trajet suffit — mais la régularité doit être démontrable.

Depuis les revenus 2024 : exonération réservée aux frais forfaitaires ; les frais réels rendent vélo et indemnité imposables (contrôle à l'enrôlement, pas de précompte).

Mention obligatoire sur les fiches 281.10/281.20 à la valeur réelle — les vélos amortis se déclarent à leur valeur résiduelle réelle, jamais à zéro.

Domicile = lieu de travail : pas d'exonération possible ; ATN imposable à la valeur réelle (circ. 2024/C/22).

« Le vélo d'entreprise reste l'avantage le plus proche du « zéro impôt, zéro cotisation » — à condition de pouvoir montrer, preuves à l'appui, qu'il roule vers le travail. »


3. L'indemnité vélo 2026 : minimum obligatoire et plafond exonéré

Deux régimes coexistent. Le minimum obligatoire d'abord : la CCT n° 164, supplétive, impose depuis le 1er mai 2023 une indemnité à tout employeur du secteur privé non couvert par une CCT sectorielle ou d'entreprise ; le montant indexé s'élève à 0,30 € par kilomètre depuis le 1er janvier 2026, pour maximum 40 kilomètres aller-retour par jour, et suppose un usage régulier du vélo⁸. Le plafond exonéré ensuite : fiscalement et socialement, l'indemnité est exonérée jusqu'à 0,37 € par kilomètre et 3 700 € par an (montant fiscal pour les revenus 2026 ; 3 690 € au stade du précompte professionnel)⁹ — sans limite de distance journalière. L'écart entre 0,30 € et 0,37 € constitue une marge d'optimisation conventionnelle ; des crédits d'impôt compensent par ailleurs, sous conditions, le coût de l'indemnité CCT n° 164 et celui d'une majoration volontaire accordée jusqu'à fin 2026¹⁰. L'indemnité se cumule avec le vélo de société — y compris pour les trajets effectués avec celui-ci —, se combine avec les transports en commun pour les trajets mixtes, mais ne se cumule pas, pour un même trajet, avec l'exonération de 500 € « autre moyen de transport ». L'excédent au-delà des plafonds est imposable comme rémunération.

Exemple — L'indemnité maximale pour un trajet de 10 km

Trajet domicile-travail : 10 km simple, soit 20 km par jour

Fréquence : 200 jours par an à vélo

Indemnité au plafond exonéré : 20 km × 0,37 € = 7,40 €/jour

Total annuel : 7,40 € × 200 = 1 480 €

1 480 € nets d'impôt et de cotisations pour le travailleur, 100 % déductibles pour l'employeur — bien en deçà du plafond annuel de 3 700 €


4. Trois formules de mise en place

L'achat direct, d'abord : l'entreprise devient propriétaire, déduit tout et amortit sur trois ans au moins ; l'investissement initial est plus lourd et la gestion (assurance, entretien) reste interne. Le leasing opérationnel, ensuite — formule dominante : loyer tout compris (assistance, assurance, entretien, accessoires), option d'achat en fin de contrat à une valeur résiduelle de l'ordre de 15 % du prix ; attention, la cession au travailleur à un prix inférieur à la valeur vénale du moment génère un avantage imposable à hauteur de l'écart. L'échange salarial (« cash for bike »), enfin : une partie du salaire brut ou de la prime de fin d'année est convertie en leasing vélo, budgétairement neutre pour l'employeur et fiscalement efficient pour le travailleur — l'échange porte sur du brut, cotisations patronales comprises, contre un avantage exonéré. Deux garde-fous : le respect du barème salarial applicable et des règles sectorielles, et une politique claire sur le sort du vélo en cas de départ, de suspension du contrat ou de changement de fonction. Perspective à noter : le budget mobilité fédéral, annoncé comme obligatoire à partir du 1er janvier 2027 pour les employeurs offrant des voitures de fonction, intégrera le leasing vélo et l'indemnité parmi ses piliers durables — les politiques vélo mises en place aujourd'hui s'y emboîteront naturellement.

Exemple — L'échange salarial chiffré

Situation A : Salaire mensuel brut de 3 500 €, sans vélo

Salaire net mensuel : 2 291,14 €

Situation B : Salaire brut ramené à 3 414,97 € + e-bike de société de 3 600 €

Salaire net mensuel : 2 253,76 €

Différence nette : 37,38 € par mois

Pour environ 37 € nets par mois pendant trois ans, le travailleur dispose d'un e-bike de 3 600 € entretenu, assuré — et qu'il peut racheter à la valeur résiduelle au terme du leasing


5. Matrice de décision

Votre situation

Traitement 2026

Réflexe recommandé

Employeur : politique vélo existante datant de 2024

Indemnité exonérée 0,37 €/km / 3 700 €/an ; minimum CCT n° 164 à 0,30 €/km

Indexer les montants, vérifier la CCT sectorielle, mettre à jour la bike policy

Vélo de société entièrement amorti

Mention sur fiche 281.10/281.20 à la valeur résiduelle réelle

Documenter la cote de marché ; ne jamais renseigner zéro

Bénéficiaire qui envisage les frais réels

Perte des exonérations vélo et indemnité (revenus 2024 et suivants)

Chiffrer l'arbitrage avant l'option — le forfait gagne souvent

Dirigeant dont la société est établie au domicile

Pas de trajet domicile-travail : ATN imposable à valeur réelle

Démontrer des trajets réguliers vers un autre lieu fixe, sinon renoncer

Usage occasionnel du vélo (belle saison)

Un jour par semaine ou une partie de trajet suffit (QP mars 2025)

Constituer la preuve de régularité (application, attestations)

Fin de leasing : rachat par le travailleur

Prix inférieur à la valeur vénale = avantage imposable sur l'écart

Documenter la valeur vénale au moment du rachat

Récupération de TVA souhaitée

Domicile-travail = usage privé en TVA ; déduction souvent nulle

Examiner la mise à disposition à titre onéreux (retenue salariale réelle)


Recommandations pratiques

Quatre chantiers pour l'été. Mettez à jour votre bike policy : clause d'usage domicile-travail, montants 2026, sort du vélo en cas de départ — c'est le socle de toutes les exonérations. Sécurisez les fiches fiscales : recensez les vélos mis à disposition, y compris les amortis, et documentez leur valeur résiduelle ; c'est le point de contrôle privilégié de l'administration depuis 2024. Chiffrez l'arbitrage frais réels / forfaitaires pour les bénéficiaires concernés — la perte des exonérations vélo change souvent la conclusion. Enfin, si vous offrez des voitures de fonction, anticipez le budget mobilité fédéral annoncé pour 2027 : les formules vélo mises en place aujourd'hui en constitueront le pilier durable. Le cabinet vous accompagne sur chacun de ces volets, de la simulation chiffrée à la rédaction de la politique vélo.

Deg & Partners

Deg & Partners accompagne ses clients — entreprises, indépendants et familles — face aux évolutions législatives. N'hésitez pas à prendre contact avec notre équipe pour une analyse personnalisée de votre situation.


Références

¹ Loi du 22 octobre 2017 portant des dispositions fiscales diverses I, M.B., 10 novembre 2017.
² Art. 64ter, 3°, CIR 92 — amortissement sur trois ans au minimum ; déduction majorée de 120 % supprimée à l'ISoc depuis l'exercice d'imposition 2021, maintenue à l'IPP pour l'employeur personne physique.
³ Art. 38, § 1er, al. 1er, 14°, b, CIR 92 ; circ. Ci.RH.242/612.802 du 19 octobre 2011, n° 3-4 ; circ. 2024/C/22 du 28 mars 2024 (conditions, valorisation et mention sur les fiches).
⁴ AR du 7 février 2018, M.B., 27 février 2018.
⁵ QP n° 83 (Vermeersch) du 6 mars 2025 — réponse du ministre des Finances : un jour par semaine et/ou une partie du trajet suffisent, moyennant régularité démontrée.
⁶ Circ. 2024/C/22 du 28 mars 2024 ; confirmation ministérielle début 2025 quant aux vélos amortis (valeur résiduelle réelle selon les circonstances de fait).
⁷ Décision anticipée SDA n° 2018.0603 du 24 juillet 2018.
⁸ CCT n° 164 du 24 janvier 2023 du Conseil national du travail — montant indexé à 0,30 €/km au 1er janvier 2026, maximum 40 km aller-retour par jour.
⁹ Art. 38, § 1er, al. 1er, 14°, a, CIR 92 ; AR du 9 avril 2024, M.B., 15 avril 2024 — montants indexés pour l'année de revenus 2026 : 0,37 €/km, plafond annuel fiscal de 3 700 € (3 690 € au stade du précompte professionnel, annexe III, AR/CIR 92).
¹⁰ Circ. 2024/C/46 (crédit d'impôt CCT n° 164) et circ. 2024/C/56 (crédit d'impôt pour l'augmentation facultative de l'indemnité, applicable aux déplacements effectués jusqu'à fin 2026).

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